On dit souvent à notre enfant d’apprendre ses leçons par cœur. Nous-mêmes, nous rêvons d’une mémoire infaillible.
Mais comment fonctionne la mémoire ? Pourquoi est-ce si difficile de retenir certaines choses ? A-t-on une mémoire plus visuelle ? Ou auditive ?
Aujourd’hui, nous allons nous pencher sur ces questions.
Les différentes mémoires
Tout d’abord, il est important de savoir différencier les types de mémoire.
Il existe la mémoire à court terme (ou mémoire de travail), la mémoire à long terme (qui se divise en mémoire sémantique et épisodique), la mémoire procédurale (automatismes inconscients) et la mémoire perceptive (liée aux différentes modalités sensorielles).
La mémoire à court terme
C’est la mémoire du présent. Elle retient les informations le temps de réaliser une tâche ou une activité : un code ou une adresse mail, le temps de noter l’information. Cette mémoire est sollicitée en permanence.
La mémoire sémantique
C’est celle du langage et des connaissances sur tout ce qui nous entoure et sur soi. Elle s’organise au fur et à mesure, avec l’apprentissage (lieux, sens des mots…).
La mémoire épisodique
Appelée également « biographique », elle est liée aux événements personnellement vécus : nos souvenirs.
La mémoire procédurale
C’est la mémoire des automatismes inconscients : conduire, marcher, jouer de la musique. Elle est très souvent sollicitée chez les sportifs ou les artistes.
La mémoire perceptive
Elle s’appuie sur nos sens, souvent à notre insu. C’est elle qui nous fait rentrer chez nous par habitude (repères visuels) et nous permet de nous souvenir des visages, des lieux…
Mémoire visuelle, auditive… un neuromythe
On parle également de canaux de mémorisation liés aux sens, aussi appelés modèle VAKOG : mémoire visuelle, auditive, kinesthésique, olfactive ou encore gustative. Bien évidemment, les canaux olfactif et gustatif sont très peu utilisés dans le cadre scolaire.
On a longtemps cru que chaque individu avait un canal de mémorisation prédominant. Il s’agit d’un neuromythe (voir notre article sur la neuroéducation) : les expériences ont montré qu’il n’existe pas de mémoire uniquement visuelle, auditive ou kinesthésique.
Pour favoriser l’apprentissage et la mémoire, il est préférable d’utiliser les différents canaux.
La mémoire dans le cerveau
Le cerveau est composé de plusieurs « régions » appelées lobes : le lobe frontal, le lobe temporal, le lobe pariétal et le lobe occipital.
Chaque lobe joue un rôle dans la mémoire :
- Le lobe temporal : la mémoire sémantique
- Le lobe frontal : les mémoires à court terme
- Le lobe pariétal : les mémoires du langage
- Le lobe occipital : la mémoire visuelle
De plus, l’hippocampe constitue un élément important dans le processus de stockage des informations.
La plasticité neuronale
Les neurones (cellules du cerveau) sont connectés entre eux pour véhiculer des informations. La plasticité neuronale (ou cérébrale) est la capacité du cerveau à créer et réorganiser les réseaux de neurones, et donc ses connexions.
Imaginez le cerveau comme une grande forêt
Une forêt sans passages fréquents n’a pas de sentier : il faut se frayer un chemin pour passer. En revanche, si l’on marche plusieurs fois au même endroit, un chemin se crée progressivement. Ce chemin s’élargit petit à petit, et l’on peut aller plus vite d’un point à un autre.
Dans le cerveau, ces sentiers sont les connexions neuronales. Elles deviennent de plus en plus efficaces au fur et à mesure de l’apprentissage et de la communication.
L’inverse est également possible : moins on emprunte ces sentiers (donc moins on utilise notre cerveau), plus les réseaux de neurones se déconnectent au fur et à mesure.
Ces connexions se créent tout au long de notre vie, et plus particulièrement pendant l’apprentissage.
→ On apprend à tout âge !
Pourquoi oublie-t-on ?
L’oubli est indispensable au bon fonctionnement de la mémoire. Si le cerveau n’avait pas la capacité de sélectionner et d’organiser les informations, il serait vite saturé. C’est pour cela qu’il est impossible de retenir toutes les informations que notre cerveau reçoit en permanence. L’oubli concerne souvent la mémoire épisodique.
Si nous nous efforçons de retenir un numéro de téléphone, nous avons recours à la mémoire à court terme. L’information reste présente pendant les quelques minutes (voire secondes) qui suivent la mémorisation.
Alors comment ancrer une information pour qu’elle reste en mémoire ?
Entraîner son cerveau
Le cerveau est comme un muscle. Plus on l’entraîne, plus il fonctionne efficacement et vite.
Il faut donc continuer à le stimuler positivement, créer et s’approprier des outils d’apprentissage, comme les moyens mnémotechniques, ou utiliser la répétition en sollicitant les différents canaux de mémorisation.
La courbe de l’oubli d’Ebbinghaus montre l’importance de la répétition des révisions pour que l’information reste ancrée, au fur et à mesure, dans la mémoire.
Les conditions pour bien mémoriser
On le sait, il faut manger sainement, faire de l’activité physique et bien dormir. Bref, une bonne hygiène de vie est primordiale au bon fonctionnement du cerveau. Mais concrètement, pourquoi et comment ?
- Une alimentation saine, en particulier pauvre en sucres ajoutés, permet d’avoir moins d’effets inflammatoires dans le corps.
- La pratique d’une activité sportive permet au cerveau une meilleure oxygénation, ce qui favorise le fonctionnement cérébral.
- Un sommeil d’au minimum 7 à 8 heures est nécessaire pour que le cerveau se repose. En fait, le cerveau n’est jamais au repos total, même pendant la nuit : il trie les informations de la veille et consolide la mémoire.
Ces trois petites habitudes sont également liées entre elles. Si l’on mange mieux et que l’on fait du sport, on se sent plus léger et on dort mieux.
De plus, l’activité physique permet d’évacuer le stress et, par conséquent, de gérer plus facilement ses émotions.
Conclusion
La mémoire existe sous différentes formes et active différentes zones du cerveau. L’oubli est nécessaire à la mémoire : il permet au cerveau de trier les informations. L’entraînement du cerveau est important ; il faut utiliser des moyens pour favoriser la mémoire, tels que les méthodes mnémotechniques et la répétition. Enfin, il faut réunir les meilleures conditions, physiques et environnementales, pour optimiser et améliorer sa mémoire.
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Sources
- Eric Gaspar, Incroyable cerveau, éditions Robert Laffont.
- Alexandre Antonienko, Intelligence nutritionnelle, les secrets de la neuronutrition.