Personne de dos portant un casque avec des électrodes avec de nombreux câbles colorés, illustrant la neuroéducation et l'étude du cerveau.

Neuroéducation : le cerveau dans l’enseignement et l’apprentissage

Les perspectives de l’enseignement sont très complexes. Tous les élèves n’apprennent pas de la même manière, ils ont besoin de temps d’apprentissage différents, et certains ont plus de difficultés à se concentrer que d’autres.

Alors pour capter leur attention, il est nécessaire de comprendre comment le cerveau humain fonctionne pendant l’apprentissage.

Les méthodes traditionnelles, comme apprendre par cœur, ne semblent plus être la meilleure façon d’étudier. Les neurosciences montrent que la motivation et les défis peuvent activer certaines zones du cerveau et aider aux processus d’apprentissage.

Nous avons également compris que nous apprenons plus et mieux en interaction avec d’autres personnes, et que les expériences augmentent nos connaissances et nos compétences.

Qu’est-ce que la neuroéducation ?

C’est là qu’apparaît la notion de neuroéducation, étymologiquement « l’éducation du cerveau ». C’est une passerelle entre la neurologie (science du cerveau) et la psychologie de l’éducation, dans le but de créer de meilleures manières d’enseigner et de dépasser les anciens neuromythes.

Deux neuromythes bien connus

  • « Nous n’utilisons que 10 % de notre cerveau. »
  • « Le cerveau gauche fonctionne mieux chez les personnes logiques. »

Le neurologue et psychiatre Dr Pierre Huc parle pour la première fois de la neurodidactique, qui cherche à déterminer les activités d’enseignement et d’apprentissage permettant une exploitation optimale de toutes les facultés mentales.

Vous avez peut-être déjà entendu parler de plasticité cérébrale ou de neurones miroirs ? Voici les clés de la neurodidactique.

Les quatre clés de la neurodidactique

La plasticité cérébrale

On a longtemps pensé que le cerveau cessait d’évoluer une fois adulte. Ceci est un autre neuromythe : les études ont montré que le cerveau a la capacité de générer de nouvelles connexions neuronales, qui se créent au fur et à mesure de l’apprentissage. Fascinant !

Les neurones miroirs

Ce groupe de cellules nerveuses s’active lorsque l’on observe une autre personne faire quelque chose. Il nous permet non seulement d’imiter son comportement, mais aussi de le comprendre.

Les émotions

Le cerveau doit être stimulé émotionnellement pour pouvoir apprendre. Plus l’émotion est forte, plus la mémoire fonctionne : on se rappelle tous en détail d’un événement très heureux. Utilisons nos émotions, de préférence positives, pour apprendre. La curiosité et la créativité nourrissent également les émotions et permettent un apprentissage de qualité.

L’apprentissage multisensoriel

Le cerveau apprend mieux s’il est stimulé par nos 5 sens. On dit souvent que chacun a un canal de mémorisation (modèle VAKOG), une mémoire plus visuelle ou plus auditive : encore un neuromythe ! Nous avons plusieurs canaux, même si l’un d’eux peut parfois prédominer. La clé est d’utiliser au maximum ces 5 sens.

Comment appliquer la neuroéducation au quotidien ?

Alors concrètement, comment appliquer la neuroéducation à nos élèves ?

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Le laisser se tromper

Dans son ouvrage L’erreur, un outil pour enseigner, Jean-Pierre Astolfi explique que l’erreur scolaire est souvent une source d’angoisse et de stress pour les élèves, alors que lors des activités de jeux ou de sport, ils considèrent l’erreur comme une source de défis.

En fait, l’erreur a longtemps été considérée comme une faute appelant une sanction. Bien souvent, les élèves associent leurs erreurs aux notes décevantes, qu’ils perçoivent justement comme une sanction. Ce sentiment peut être renforcé lorsque les parents réagissent vivement à une note jugée « pas assez élevée ».

D’où l’importance d’éviter de gronder l’élève pour la note reçue, et surtout de l’amener à réfléchir :

« Où est-ce que je me suis trompé, afin de progresser la prochaine fois ? »

2

L’amener à réfléchir à ce qu’il a compris

Au lieu de lui demander s’il a compris (réponse binaire, oui ou non), mieux vaut lui demander ce qu’il a compris, pour qu’il puisse réfléchir et raconter ce qu’il a assimilé. Cette méthode permet à l’enseignant de repérer les points acquis et ceux à consolider.

Un bon exercice consiste également à lui apprendre à s’auto-évaluer, pour qu’il repère lui-même ses erreurs.

3

Capter l’attention en variant les activités

Rester concentré des heures sur la même tâche est exigeant, même pour un adulte. La concentration diminue avec le temps, surtout si l’élève n’a pas l’habitude de travailler pendant plusieurs heures.

Les recherches indiquent que, de façon générale, « les apprenants ont tendance à rester plus attentifs pendant les segments de cours s’ils peuvent se détendre ».

L’enseignant utilise alors la clé des émotions, avec des anecdotes (rires) ou des jeux (esprit de défi), pour recapter l’attention de l’élève.

4

L’habituer à l’entraînement

Entraîner son cerveau à travailler permet d’augmenter ses capacités cognitives et de travailler sa mémoire.

La courbe d’Ebbinghaus montre le pourcentage d’informations mémorisées au fil du temps.

Courbe de l’oubli d’Ebbinghaus

Cette courbe montre que la régularité de l’apprentissage (donc des révisions et des entraînements) permet à l’information de rester ancrée dans la mémoire.

C’est la clé neurodidactique de la plasticité cérébrale.

Comme pour le vélo

Au début, lorsque vous avez peu fait de vélo, vous pédalez en zigzaguant et vous faites un gros effort pour rester droit. Puis, au fur et à mesure, un automatisme se crée et vous pédalez sans réfléchir. Résultat : vous libérez des neurones pour apprendre autre chose !

5

Passer le cerveau en mode actif

C’est la même chose quand on se dit qu’on doit aller courir ou faire une tâche peu motivante : la mise en route demande un effort, mais une fois lancée, tout devient beaucoup plus facile.

Pour l’apprentissage, c’est pareil : on demande à l’élève de commencer l’exercice ou les révisions (ou plutôt l’entraînement) juste 10 minutes, puis cela devient finalement un quart d’heure, une demi-heure.

Lors de nos cours particuliers, nous constatons bien souvent l’étonnement de nos élèves :

« Oh, ça fait déjà 1 h qu’on travaille ? »

Ils n’ont pas vu le temps passer !

Conclusion

La neuroéducation apporte des éléments qui peuvent améliorer considérablement les pratiques pédagogiques, en combinant les neurosciences, la psychologie et l’éducation. En s’appuyant sur des apprentissages comme la lecture, l’écriture, les langues, les mathématiques ou la musique, cette discipline aide également à mieux comprendre les troubles dys : dyslexie, dysorthographie, dyscalculie…

Et vous ? Une mauvaise note, ça vous fait râler ?

Vous souhaitez que votre enfant apprenne à apprendre, à son rythme ? Nos professeurs peuvent l’accompagner en cours particuliers et en coaching méthodologique, dans nos agences de Mauguio, Calvisson, Castelnau-le-Lez et Saint-Mathieu-de-Tréviers.

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Sources

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